Fête de la Musique : mises en examen de l’Autorité publique

En juin 2019, lors d’un concert se déroulant le soir de la Fête de la Musique à Nantes, un homme de 24 ans trouvait la mort après avoir chuté dans la Loire. Ce soir-là, une intervention des forces de l’ordre visant à arrêter la diffusion de musiques mise en place sur les quais avait été effectuée. 

L’instruction de cette affaire est en cours, ce qui limite les possibilités d’en tirer des enseignements définitifs. Toutefois, l’enchaînement des faits et la complexité des acteurs concernés constituent un cas d’école pour ceux qui s’intéressent à la sécurité évènementielle. 

L’Inspection Générale de l’Administration a ainsi commandité un rapport relatif aux faits, sans interférence en principe avec la procédure judiciaire. Il met en avant des recommandations à l’Administration quant à l’avenir dans la mise en place de ce type d’évènement.

Le document est des plus instructifs. En 66 pages y sont décortiqués beaucoup d’éléments et notamment l’organisation administrative de la Fête de la Musique. 

Les relations entre acteurs sont multiples : Préfecture bien entendu et donc Etat en charge des forces de l’Ordre et des services de secours publics, Mairie de Nantes et ses services ainsi que la Police Municipale, prestataires de sécurité privée, sans oublier le Grand Port de Nantes / Saint-Nazaire propriétaire du quai Wilson où se sont déroulés les faits. 

Le cas est un cas d’école tant le schéma identifié à Nantes se retrouve ailleurs et sur d’autres types de manifestations. La question des rassemblements spontanés y est ainsi largement développée. 

Bien entendu, un éclairage majeur sera porté lors des procès à venir et les peines éventuelles prononcées seront scrutées en termes de définition des responsabilités des uns et des autres. 

Mais dès maintenant -notamment suite à la mise en examen pour Homicide involontaire d’un commissaire de Police et du Préfet de l’époque -ainsi que son chef de Cabinet- mais aussi que le placement comme « témoins assistés » du Maire de Nantes et son adjointe à la sécurité, l’affaire constitue un matériau très pertinent de réflexion pour les professionnels du secteur de la sécurité évènementielle.

Rapport de l’IGPN Inspection Générale de la Police Nationale diffusé en septembre 2019

Article de Libération sur les suites judiciaires en 2021 -deux an plus après les faits

Crédit photo : (Remy Artiges/Libération)

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