Quand le changement d’acronyme en dit long sur une doctrine !

La sécurité aérienne se doit d’être exemplaire. Le sujet a été dès les origines de l’aviation au centre des préoccupations des opérateurs et très rapidement des pouvoirs publics. Aussi bien les aéronefs, les terrains que les pilotes font l’objet d’un suivi et d’un contrôle régulier.

Dès 1946, suite à la convention internationale de Chicago deux ans plus tôt, le ministère des travaux publics publie des dispositions à prendre « en cas d’accident aéronautique, irrégularités ou faits techniques survenus à des aéronefs  civils et ayant fait courir un risque aux personnes et au matériel. » A partir de 1952, les enquêtes concernent tous les accidents aériens survenus dans le but d’en tirer des enseignements. L’enquête administrative se déroule en soutien de la procédure judiciaire.

Le Bureau d’Enquêtes et d’Accident -plus connu sous le sigle BEA- se construit sous la tutelle de l’Inspection Générale de l’Aviation Civile mais défend fermement une position d’indépendance  quand au Ministère des transports. Le BEA effectue des enquêtes techniques pouvant servir à la justice ou à l’administration. A partir de 2010,  chaque Etat de l’Union Européenne dispose d’une instance de ce type, fédérée à l’échelon continental.

En 2001, le Bureau Enquêtes Accidents devient le bureau d’Enquêtes et d’Analyses. Ainsi en conservant l’acronyme de BEA, l’instance retrouve un rôle d’enquête y compris lors de faits n’ayant pas entrainé d’accident (mortels ou non). Ainsi, cette instance revient à ses fonctions originelles, plus larges que les seuls cas d’accidents, pour intervenir y compris lors d’incidents sans gravité en termes de conséquences voir même en cas de simples risques courus par les aéronefs, leurs passagers ou les personnels à bord.

Ce glissement sémantique pourrait inspirer les organisateurs d’évènement. Il est assez fréquent que des faits inattendus se déroulent pendant un évènement. Et puis, la providence (ou le hasard) évite l’accident ou réduit les conséquences.  Et on oublie qu’on est passé tout prêt d’un gros problème. La tenue d’une main courante et la mise en place systématique d’une réunion de type « retour d’expérience » suivie d’un partage entre professionnels des conclusions de cette analyse est une bonne pratique. 

Dans les salles de cinéma, le film Boite noire

Un exemple de compte rendu d’enquête sur un incident, avec recommandations de formations sur simulateur pour les exploitants des avions

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