Ressources humaines : Comment élargir le vivier des agents avant les JO 2024 ?

Les acteurs de la sécurité privée alertent régulièrement les pouvoirs publics depuis l’attribution des Jeux Olympiques à Paris sur la difficulté à recruter des agents en nombre suffisant.

Le Monde évoque une mesure non encore définitivement adoptée, le texte n’est qu’en navette qui permettrait aux « jeunes » policiers en retraite de « reprendre du service » dans le cadre de la sécurité privée.

Les anciens des forces de l’ordre -policiers, gendarmes- mais aussi des forces armées -militaires non chargés directement de mission de police- sont déjà très présents dans la sécurité privée. Leur expérience, leur connaissance des procédures et leurs réseaux leurs ont déjà largement ouvert le secteur dans le cadre d’emploi de cadre ou de superviseur. Il suffit de parcourir les parcours professionnels pour identifier pour de nombreux acteurs du secteur des passages plus ou moins long dans la sécurité publique.

La nouveauté du projet est de faciliter l’accès à des emplois de complément à la pension de retraite -souvent à temps partiel- à des personnels qualifiés et souvent toujours en bonne condition physique et morale. Pour la sécurité privée évènementielle, qui travaille largement sous tension pour recruter des agents, cette possibilité constituerait pour la constitution des équipes une ouverture nouvelle des plus utiles. Ce constat est vrai aussi bien en surveillance humaine classique que pour les autres fonctions à assurer.

Lien vers l’article du MONDE

Lien vers le site du CNAPS concernant les équivalences de carte professionnelle

De l’importance de la doctrine et de la jurisprudence

Les annonces médiatiques sont devenues si nombreuses et présentes qu’il arrive que l’on confonde dispositions éventuelles annoncées par les médias et décisions effectives mises en œuvre. Sans oublier le flot d’interprétations de certains « experts » (parfois ils le sont dans tous les domaines !) qui ajoutent à la confusion.

Dans l’article support, il s’agit de la question (et de la place) des drones dans la sécurité publique. Leur usage, envisageable aussi en sécurité privée, fait l’objet d’une mise en place ponctuée par les progrès technologiques, les possibilités techniques, le cadre légal et réglementaire ainsi que les usages effectifs. Le système apprend et s’adapte.

Dans les faits,  le secteur de la sécurité n’échappe à ce flux incessant. Pour les organisateurs et les gestionnaires de sites, la meilleure des réponses est de maintenir une veille experte, différenciant ce qui pourrait arriver et de ce qui devient possible ou obligatoire. Outre le cadre technique général dans lequel nous réfléchissons puis agissons, le législateur joue son rôle, suivi rapidement par le juge. Dans le cas présent, un autre acteur , la CNIL, apparait en tant que « régulateur des données personnelles ».

Cet environnement complexe d’acteurs invite à une vision en hauteur du système et à bien différencier les évolutions effectives, de celles envisagées. L’occasion de rappeler que de ce point de vue le projet de loi « Sécurité Globale », abondamment commenté, n’est à ce jour pas adopté par le Parlement et ses décrets d’applications encore moins connus ! 

Chronique de la Banque des Territoires :

Droit d’image : PoliceNat06

Le référent COVID, nouvelle fonction du préventeur

L’épidémie de COVID 19 a engendré de nouvelles contraintes et avec celles-ci, l’apparition d’une nouvelle fonction, celle du référent COVID.

Le protocole national n’impose aucun profil type pour occuper les fonctions de référent Covid-19 et il n’est pas nécessairement membre du comité social et économique. L’employeur n’a aucune obligation de formation envers ce référent hormis sur le protocole applicable au sein de l’entreprise et les gestes barrières.

Pour CISPE, la santé au travail ne s’improvise pas et les fonctions de référent COVID doivent être assurées par un professionnel formé et sensibilisé depuis plusieurs années aux risques professionnels en santé / sécurité. Il ne faut pas oublier que dans le secteur évènementiel nous rassemblons un public nombreux dont les conséquences peuvent être significatives. C’est d’ailleurs ce sujet de la propagation qui ne permet pas de rouvrir les évènements actuellement. Aussi, nous voyons émerger un certain nombre d’acteurs évènementiels prendre cette fonction après avoir suivi une simple formation de 4h.

Ces formations de sensibilisation et de prévention aux risques sanitaires sont nécessaires pour améliorer la culture sécurité de l’entreprise mais en aucun cas donner une expertise à un participant. La France dispose d’un grand nombre d’experts en prévention des risques sanitaires. Ce réservoir de compétences peut être utilement mobilisé. Dans cette même logique, CISPE est en étroite collaboration avec deux préventeurs experts afin de construire des guides sanitaires adaptés à l’évènementiel.

Le préventeur intervient sur plusieurs phases dans le cadre de sa mission :

Phase conception

  • Analyse des risques
  • Planification des interférences entre les entreprises intervenantes (co-activité)
  • Application des principes généraux de prévention avec formalisation au travers d’un plan

Phase réalisation

  • Animation de la prévention sur site
  • Contrôle du respect des plans de préventions et de l’application de la règlementation

Le référent COVID quant à lui est chargé de veiller au respect des mesures sanitaires mises en place en 3 axes :

  • Analyse de risque
  • Rédaction d’un protocole
  • Contrôle du respect des protocoles

Le parallèle entre les missions du préventeur et du référent COVID est évident. Il est donc naturel d’allier ces fonctions.

Entre volonté de décentralisation et régulation centrale, un équilibre précaire pour les organisateurs

L’une des difficultés d’assurer la sécurité d’une manifestation est le savant mélange entre le « prêt à porter » et le « sur-mesure ».

La crise sanitaire a confirmé ce constat sur lequel Cispé a bâti son offre. Si certains invariants sont identifiables en termes de méthode, par la suite chaque évènement présente des caractéristiques propres qui détermineront le dispositif dans sa finalisation.

Depuis le début de la crise sanitaire, les pouvoirs publics ont suivi une forme de balancier. Dans un premier temps, le confinement a marqué une période de la règle unique, appliquée dans tout le pays. Par la suite, le déconfinement a marqué une volonté de laisser aux territoires la possibilité d’adapter les mesures. On notera toutefois qu’entre les maires élus par leurs concitoyens  et les Préfets – représentant de l’Etat- le pouvoir et son usage ont pu différer : dérogation à la jauge (ou pas), port du masque dans certaines parties de la ville (ou pas), dispositif dans les écoles.

Entre centralisation et norme unique, et décentralisation avec adaptation au cas par cas, le balancier est reparti vers la définition de règles générales au détriment des exceptions, parfois justifiées mais que la circulation rapide de l’information a rendu difficilement tenable. Comment expliquer les critères ayant amené un Préfet a accorder là ce qui a été refusé ailleurs ?

Au final, à la difficulté de laisser une latitude importante d’adaptation locale, il est souvent préféré la mise en place de règle générale, qui apparaissent parfois peu adaptées à certaines situations quitte a parfois imposer des règles partiellement inadaptées voire quasiment inapplicables.

Lien vers l’article de l’évènement

Evènements business to business : bien accueillir les visiteurs et les exposants

Comme pour toutes les activités fortement touchées par la crise sanitaire, la reprise sera conditionnée à la fois aux conditions mises en place par les pouvoirs publics et -c’est tout aussi important- par le niveau de confiance des publics concernés

Une très interessante chronique de M.Onillon en mai dernier avait esquissée quelques grandes lignes de la reprise.

Au delà des points clés avancés, -et les formes d’humour qui ponctuent le texte- l’intérêt de l’article est de modéliser les aspects à travailler dans une démarche qui analyse l’activité de manière très méthodique. 

La compréhension des facteurs clés passe par une identification des éléments à veiller, leur hiérarchisation puis leur traitement un par un, toujours dans le cadre d’une démarche globale. 

Le dernier point à souligner est la qualité / clarté de l’exposé du modèle, de ses éléments et des variables sur lesquels il est souhaitable de faire un focus. Ce faisant, le travail réalisé permet de partager et diffuser un constat, une doctrine générale, des actions prioritaires et des outils de mesures. Et ce à tous les échelons du dispositif MAIS AUSSI vers les acteurs extérieurs : clients, visiteurs et pouvoirs publics.

La qualité du document final constitue un élément trop souvent négligé des dispositifs et des dossiers de sécurité. Elle est pourtant un moyen de bien transmettre une logique d’action à des personnels et un outil de persuasion auprès des tiers. CISPE accompagne ses clients dans cette optique avec toujours en tête ces deux aspects.

Chronique de Mickael ONILLON publiée sur LinkedIn

La sécurité des manifestations en temps de crise sanitaire : on apprend en faisant !

Partout dans le monde , la crise de la Covid 19 a bouleversé les pratiques professionnelles. La fonction de sécurisation des évènements et des sites a elle aussi été confrontée à des situation marquées par des contraintes et un risque devenus majeurs, celui de la transmission virale dans une foule.

A travers l’Europe, un certain nombre de recherches et d’expérimentations ont été menées souvent à l’initiative de syndicats professionnels et en collaboration avec des laboratoires de recherche universitaires.

Outre la modélisation des flux d’air dans les enceintes ou autour de celles-ci, certaines manifestations ont testé les conséquences d’un déroulement d’évènement en présence de foules importantes y compris avec l’application de gestes barrières et autres précautions (jauge, regroupement). Ainsi on a vu des tests dans des gares, des salles de concerts ou un parc d’exposition dans le cadre d’une manifestation commerciale.

L’enjeu est double. D’une part mieux comprendre les phénomènes et évaluer les risques. Ce faisant, certaines conclusions renforcent les intuitions, d’autres les contredisent, remettant à plat la doctrine générale qui guide la décision des pouvoirs publics.  L’autre enjeu est de démontrer la faisabilité de laisser se dérouler certains évènements et permettre ainsi la réouverture d’enceintes quasiment sans activité depuis presque un an. 

Ainsi de nombreux secteurs tentent de démontrer la faible dangerosité de leur activité par rapport à l’épidémie. Ce type de test, accompagné d’un guide sectoriel spécifique à un type de manifestation constitue une forme de lobby  vers les pouvoirs publics au sens noble du terme. La collecte de ces données, exemples de bonne pratique et autres dispositifs adaptés constitue un sujet de recherche et d’apprentissage permanent important. 

Pour autant l’ensemble des tests actuels n’ont pas permis la réouverture des évènements quand bien même aucune contamination n’a été détectée. La question posée par rapport à ces tests ponctuels est celle de la montée en généralité, seule la multiplication de tests effectués dans des conditions rigoureuses et similaires permettrait de valider les dispositifs testés. A l’image des vaccins qui sont testés sur un nombre importants de sujets avant d’être généralisés.  

Le lien vers le reportage de BFMTV sur une simulation effectuée à la philharmonie de paris en vue d’un test: ici

Digitalisation des évènements : les enjeux de la sécurité des données

Face à la crise, certains organisateurs d’évènements ont décidés de digitaliser leur évènement. Cette pratique est amenée à durer dans le temps avec l’apparition d’un nouveau type d’évènement : l’évènement hybride. De ce fait l’organisateur se doit d’agrandir son champ de sécurisation. Sa cartographie des risques s’élargie et demande une appréhension des menaces plurielles.

Le numérique et la digitalisation des processus ont rendu l’usage des ordinateurs quasi permanent. C’est vrai aussi bien des relations des organisateurs, gestionnaires de site ou propriétaires d’évènement avec leurs clients (particuliers et entreprises) qu’en interne dans la phase d’organisation entre les parties prenantes. Les pannes fortuites montrent combien, même sur une phase courte, les dysfonctionnements numériques impactent le fonctionnement des structures. Cette simple défaillance montre combien nous devenons dépendants des outils informatiques.

La banque des territoires évoque dans une rubrique récente la question non pas des risques (liés à des causes fortuites) mais bien des menaces qui existent sous la forme d’attaques intentionnelles.

Cette question est omniprésente dans les échanges entre professionnels. Rares sont les opérateurs qui n’évoquent pas des cyberattaques récurrentes, parfois plusieurs centaines de fois dans la même journée…. Les cas de rançon sur les données, pas toujours médiatisés, sont aussi devenus fréquents.

Si la question est ici développée dans le cas des collectivités publiques, bien évidemment elle se pose de manière toute aussi cruciale pour les organisations privées. 

Outre la question de la perte de données clés, la responsabilité des entreprises quant aux données qu’elles collectent et manipulent est aussi engagée.

Dans tous les cas, ce versant de la sécurité, quelque peu éclipsé par la crise sanitaire, reste un paramètre très important de la réflexion des opérateurs de l’évènementiel dans la conception de leur dispositif. 

Il se pose donc pour l’organisation une série de mesures à prendre pour prévenir ce type de menaces :

  • Evaluation des risques & menaces liés à la sécurité informatique
  • Audit du système de sécurité informatique
  • Signature d’un contrat d’assurance cybersécurité
  • Sensibilisation des intervenants sur le contenu à présenter
  • Continuité d’activité en cas de défaillance

Article le site de la Banque des Territoires, Localtis

Envahissement du centre de formation de l’OM : imparable ?

L’actualité fourmille de surprise. En termes de sécurité aussi. Ainsi l’envahissement, pour ne pas dire l’attaque, du centre d’entrainement et de formation de l’Olympique de Marseille constitue une première. Certes, les ultras du FC Nantes avaient pour leur part organisé la sonorisation du premier entrainement assuré par Raymond Domenech en fustigeant sa nomination et en dénonçant la gestion du club par son Président. 

Toutefois, ce 30 janvier marque un tournant. Plusieurs dizaines de personnes, très coordonnées entre elles, ont organisé une opération sur de multiples sites, allant du déploiement de banderoles dans la ville à la prise d’assaut de la Commanderie lors de la mise au vert de l’équipe qui précédait le match prévu en soirée contre Rennes.

En ce qui concerne la voie publique, les forces de l’ordre avaient les prérogatives pour intervenir. La question de la sécurité de l’enceinte privée se pose. 

L’action ne se situe pas dans le stade, lors d’un match officiel dont le dispositif de sécurité est validé par la Préfecture, qui dispose d’ailleurs d’un représentant dans poste de commandement du stade. Dans le cas présent, bien évidemment les agents de sécurité privée n’ont ni les moyens, ni le pouvoir d’éviter l’incursion. Au mieux, ils retardent les choses et donnent le temps aux Forces de l’ordre d’intervenir.

Apparemment, aucun indice de ce qui se préparait n’était parvenu au club. Il est aussi possible que la situation ait échappé aux instigateurs de ce rassemblement. Dans tous les cas, le Renseignement en amont, au sens premier du terme n’a pas perçu la menace. 

Ces incidents graves, avec semble-t-il violence sur des personnes, constituent un précèdent important. Les responsables de la sécurité des clubs seront probablement amenés à renforcer leur dispositif dans certaines phases périphériques au match aussi dans le temps (avant/ après) que dans l’espace (stade et abords mais aussi rayon large autour des enceintes). Ceci étant, le caillassage du bus des joueurs -plutot celui des visiteurs que de l’équipe locale- n’est malheureusement pas un phénomène rare en Europe, notamment dans le football. De même, les sessions de bagarres entre supporters (Fights) avant les matchs sont aussi une menace connues depuis des années et amenant les Préfectures à des arrêtes d’interdiction de déplacement. De même les cambriolages répétés aux domiciles des joueurs amènent certains clubs à sécuriser les habitations les soirs de match. La sécurité va se complexifier car elle concerne aujourd’hui des individus agissant contre leur propre club…. 

Article du Journal l’Equipe

Crédit photo : Getty Images

France Spectacle Aérien s’engage pour la défense des manifestations aériennes.

Sur son site internet, aéroVFR a publié un article sur France Spectacle aérien et son engagement pour la défense des manifestations aériennes. Avec 98 annulations ou reports en 2020 et une saison 2021 qui s’annonce complexe, la proactivité est de mise pour ne pas perdre la dynamique au sein des associations.

France Spectacle aérien a souhaité aider la reprise en collaborant avec CISPE pour l’établissement d’un guide sanitaire destiné aux organisateurs de manifestations aériennes.

Ce guide permet aux organisateurs de démontrer leur professionnalisme aux autorités dans l’organisation des mesures sanitaires.

Retrouvez l’article complet ici

Diriger un festival en temps de Covid-19 : garder sa motivation et celle de ses équipes

La crise sanitaire aura généré des bouleversements dans les usages professionnels : chacun a (re)découvert des modes de fonctionnement nouveaux. Le contraste des situations à travers le temps, leur radicalité et l’instabilité des règles et des marchés ont emmené les hommes et les femmes de quasiment toute la planète dans des relations nouvelles à leur travail et plus largement à la vie.

Les conséquences du Covid-19 seront mieux identifiées et mesurées lorsque la situation sera -globalement- redevenue plus « normale » par rapport à l’Avant… Un très pertinent article du site « tous les festivals » relate (dans une série de quatre) les témoignages de dirigeants dans le domaine culturel des festivals. Ce secteur, au coeur de l’évènementiel a été particulièrement touché par la crise. Et le sera encore longtemps.

Entre aides publiques maintenues et soutien possible d’actionnaires puissants -le groupe Vivendi dans un cas décrit- le management de ces structures se trouve parfois face à une année quasiment blanche. L’annulation (parfois tardive) ou le déroulement dans un mode très dégradé laissent les acteurs frustrés. La durée de la crise et les incertitudes pèsent sur les attitudes. Au delà des difficultés financières, l’inactivité des salariés ou leur baisse de temps de travail constituent de potentiels facteurs de décrochages professionnels. Les mois passent et l’objet même de l’action, l’Evenement, ne vient pas ponctuer par sa production les efforts consentis et le savoir-faire déployé.

Dans le secteur de la sécurité, le constat est le même. Les dirigeants maintiennent tant que faire se peut une activité suffisante. La crise peut ainsi être l’occasion d’une remise à plat des procédures et plus largement du dossier de sécurité des sites et des évènements. C’est évidemment du travail de back-office que la confrontation au terrain « en vrai » ne vient pas compléter. Ce sera pour (un peu) plus tard. Et tout sera prêt ! 

Article du site « Tous les festivals »