Covid-19 : l’occasion de repenser la sécurité globale des événements et des sites

La crise sanitaire est l’occasion pour beaucoup d’acteurs d’une réflexion sur nos pratiques professionnelles. Le secteur de la sécurité des événements n’échappe pas à cet utile travail de prise de recul. Le ralentissement de l’activité a diminué le flux des événements et offre la possibilité d’identifier ce qui est clé, et de ce qui l’est moins. Quels que soient les changements de comportements post crise sanitaire, les fondamentaux qui doivent guider la conception et la mise en œuvre de la fonction sécurité nous semblent au nombre de quatre :

Le premier renvoie à la notion de bien vivre ensemble. Ce principe simple s’entend bien évidemment pour les publics accueillis, quelle que soit leur catégorie, mais aussi pour les personnels qui travaillent et sont en contact avec les personnes présentes. C’est vrai aussi bien pour la sûreté, le médical que la sécurité incendie. 
Le deuxième point clé relève de « l’idéologie » de la sécurité. Nous entendons par là les grands principes qui en amont guident la pensée puis l’action. Sur cet aspect, c’est le visiteur et son parcours qui sont centraux : que vit le client dès les abords de l’événement ? Le visiteur que les Anglo-saxons qualifie de « guest » (invité), doit être au cœur du système. C’est valable du VI-VIP au spectateur grand public. La perception des agents de leur propre activité est aussi à prendre en compte. 
Le troisième aspect qui chapeaute la sécurité est celui d’une logique d’apaisement. Il s’agit alors de rassurer toutes les parties prenantes et de générer un sentiment général de sécurité à la fois présente et paisible. 
Le quatrième élément est celui de la présence humaine sur le terrain. Au-delà des procédures et des infrastructures, le visiteur se trouve au contact des agents et des personnels de service et d’accueil. Ceux-ci doivent être formés et sensibilisés à la dimension d’ambiance générale de sécurité à laquelle ils contribuent. C’est là encore un principe majeur, trop souvent négligé.

Ces quatre piliers fondamentaux constituent l’armature préalable à une conception puis une mise en œuvre d’un dispositif de sécurité efficace et contributif à une manifestation réussie et pérenne.

Résultats d’un étude anglaise sur les supporters de football et la perception des matchs à huis-clos ou en jauge réduite

Article du Figaro sur la reprise des matchs en France en jauge réduite, après une phase de huis-clos

Site de Telerama sur les événements culturels et les solutions trouvées par les organisateurs

Nouvelles technologies et sécurité : ce qui est possible, ce qui est permis. Les choses évoluent dans les deux dimensions.

Les décisions de justice ponctuent le temps et clarifient les règles. C’est le rôle de la jurisprudence.
Dans l’article issu de l’excellent site de Maitre Luchez, c’est l’usage des drones (ici civils) qui est précisé par la justice et commenté par ce spécialiste du droit de la sécurité. Ce papier très clair est une occasion nouvelle de distinguer les apports possibles des nouvelles technologies et ce que le droit autorise aussi bien en doctrine, en droit positif et ici en jurisprudence.

Les drônes sont une valeur ajoutée forte en sécurité. Rapides et mobiles, discrets, insensibles à de nombreux paramètres, ils permettent de réaliser des opérations jusqu’ici impossibles ou difficiles sur certains sites. Ceci est d’ailleurs vrai des robots depuis forts longtemps. 
Les drônes trouvent leur place dans les dispositifs de sécurité bien évidemment dans le domaine de la sûreté aussi bien publique et privée. Ils peuvent ainsi contribuer au suivi des plans de circulation aux abords et sur les sites, à des coûts moindres que les hélicoptères voir dans des situations ou ceux-ci sont incapables d’agir.
Les drones sont aussi utiles dans la prévention incendie et le traitement des feux comme on l’a vu lors du sinistre à Notre Dame. 
Dans le domaine du médical et secours aux personnes, cet outil trouve aussi sa place pour localiser les victimes, voire les informer de l’arrivée des secours. C’est même assez fréquent en montagne et permet de rassurer les victimes en attente de secours. À terme, ils pourraient même permettre des évacuations ou l’acheminement rapide de moyens ! 

Bien entendu, cet outil comme toutes les autres machines innovantes voit son usage dans une logique de compromis entre ce qui est possible et ce qui est permis par le législateur, puis le juge. Les débats actuels autour des logiciels de reconnaissance faciale en sont une autre illustration. 
D’où l’intérêt d’une veille permanente sur ce est possible et ce qui est permis.

Article de Maitre Luchez

Reprise d’activité : faut-il vraiment raisonner par secteur d’activité ?

Cet entretien avec Jean-Marc Dumontet, propriétaire de plusieurs théâtres à Paris, est proposé par Ouest-France. Dans cette interview, ce professionnel prend une position claire et radicale : « pour nous, ce sera blanc ou noir ». M Dumontet considère en effet que pour le spectacle vivant et notamment le théâtre son domaine, un fonctionnement en mode dégradé n’est pas envisageable.

Deux arguments sont avancés : 

  • le premier concerne l’ambiance dans la salle et la capacité à partager des émotions à distance. Le rôle du public n’est, en effet, pas uniquement passif, il contribue au spectacle. Les rencontres sportives à huis clos en sont l’illustration. Pour utiliser des termes de marketing, « l’expérience client » se trouve largement modifiée dans une salle presque vide pour le spectateur, mais également pour le téléspectateur devant son écran même si dans ce cas, on peut envisager des interactions via les réseaux sociaux… (à défaut de regroupement hors des enceintes, le remède se révélant alors pire que le mal). 
  • le deuxième argument peut aussi s’entendre : il est économique. Une jauge réduite dans des activités dont la majorité des coûts sont fixes rend l’équilibre du modèle économique difficile. La possibilité d’augmenter les prix n’est pas massivement envisageable, même si la réduction de l’offre de sièges ouvre la possibilité de réduire les efforts commerciaux pour boucler le remplissage de la salle. 

J-M Dumontet nous rappelle deux vérités : l’essence même du rassemblement est de vivre et partager des émotions ! 

Les mesures sanitaires actuelles s’imposent aux professionnels, mais elles sont principalement soit des conseils sectoriels proposés par des structures fédératives comme le fait par exemple l’Unimev, ou très clairement des consignes des pouvoirs publics. Dans ce dernier cas, on notera que les grandes lignes avancées doivent être adaptées à chaque situation. 

Les acteurs découvrent alors qu’ils doivent s’adapter à la typologie de la manifestation : sport, culture et ses variantes (musée, spectacles vivants). Manifestations commerciales, rassemblements festifs… Surtout, chaque professionnel se trouve devant son propre événement, son site, ses animations et ses publics. Et la dimension sectorielle, qui définit le cadre général, se complète de la dimension individuelle : chaque cas détermine ses solutions, même si le partage d’expérience et de savoir est possible. Dès lors toute montée en généralité est hasardeuse, ce qui est possible et viable ici ne le sera pas là, y compris dans le même secteur…. 

Entretien avec Monsieur Dumontet (source : Ouest-France)

Dans la crise (mais pas que) être pro-actif : une nécessité pour les gestionnaires de site

Le lien en fin de chronique traitent du sujet des « mesures Covid-19 » des sites accueillant des manifestations commerciales.

En effet, si le domaine sportif et culturel est fortement mis en avant en termes de perte d’activité, les foires et salons sont eux aussi très fortement impactés. En effet, la France et notamment Paris est un territoire où cette activité est considérée comme prioritaire en termes de développement. La sortie de crise va se faire dans un contexte de concurrence accrue entre les sites, notamment pour les grands événements internationaux dont les organisateurs envisagent la tenue dans un spectre large de localisation : un congrès international de médecine peut se tenir partout…

Ici, un Établissement belge communique sur son adaptation à la crise du Covid. Des initiatives de même type se multiplient en Europe, comme celle de Viparis, plus grand opérateur européen de manifestations commerciales. Ces leaders du marché, en charge de structures importantes jouent ainsi parfaitement leur rôle dans l’Écosystème, souvent avec les organisations professionnelles.

En effet, les gestionnaires de sites sont force de proposition auprès des pouvoirs publics et se doivent d’informer leurs clients potentiels des mesures qu’ils ont mis en place pour s’adapter. A ce titre, ces opérateurs sont les 1ers maillons de la chaîne de sécurité. En proposant rapidement des mesures concrètes, ils travaillent utilement dans quatre directions :

  •  La première est celle des organisateurs d’événements qui privilégieront les sites à même de proposer des solutions réfléchies via par exemple des parcours types modélisés.
  • La seconde direction est celle du public et des visiteurs qui verront dans le lieu retenu et les dispositifs présentés un endroit offrant un sentiment de sécurité important : les choses ont été pensées, sont certes contraignantes, mais assurent une visite dans des conditions de plaisir et d’utilité raisonnables.
  • Le troisième groupe à convaincre est celui des exposants qui investissent dans ce type de manifestations et animent la manifestation.
  • Enfin, ce type d’initiative joue un rôle clé vers les pouvoirs publics qui seront eux-aussi rassurés et convaincus par la cohérence de la proposition.

Pour la fonction, sécurité, Cipsé a toujours considéré qu’une attitude proactive des organisateurs et gestionnaires de site était à privilégier. Certes, les pouvoirs publics produisent des règles et diffusent des principes généraux. Mais à l’échelon local, ce sont les services préfectoraux qui décident ou par exemple pour les écoles les maires. Dans la continuité de sa méthode, la démarche de Cispé est toujours d’entamer la mission pour une analyse risque et menaces, pour ajuster le dispositif et sa partie sanitaire au cas par cas sans dupliquer mécaniquement des mesures inutiles ou même néfastes.

Au final, en produisant un dossier soigné, réalisé par des professionnels expérimentés, les gestionnaires de sites contribuent à générer une relance de leur activité. Dès la reprise de l’activité sur le Paris Convention Centre, Cispé accompagnera Viparis dans l’assistance aux organisateurs.  

Communiqué de presse de Viparis et Securitas

La place de l’innovation : machine et/ou méthode dans la sécurité

Une fois n’est pas coutume : la vidéo proposée dans cette chronique est commerciale ! (et Cispé n’a aucun lien avec cette firme..) Ces 71 secondes illustrent les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies en termes de mission. 

Dans le cas présent, la machine est susceptible de suppléer l’homme en automatisant la désinfection de locaux. Le robot et son fonctionnement mécanique sont apparus avec la civilisation. De tous temps, ces moyens ont été recherchés : absence de risques pour les personnels, régularité de l’action quelles que soient les conditions, homogénéité de la prestation. Lors de la catastrophe de Tchernobyl, des moyens de ce types avaient été utilisés sans grand succès du fait des radiations. 

La crise sanitaire du Covid 19 a boosté l’innovation. Mais ce type de démarche innovante dont les coûts de recherche et développement sont parfois considérables est permanent dans les milieux de la sécurité : usage de la géolocalisation, intelligence artificielle, reconnaissance faciale sont des sujets récurrents aussi bien en sûreté, qu’en incendie ou en médical/ secours. Au delà du matériel, on retrouve ce type de démarche d’innovation sur les méthodes :  la certification/ labellisation des sites, des pratiques et/ou des hommes. 

Le formidable slogan de la « nation apprenante » utilisé pendant la crise actuelle peut se décliner sur la sécurité : un secteur apprenant ! 

Le lien vers la démonstration de la société Rovenso et son robot :

En sécurité, comme pour toutes les fonctions des entreprises : l’importance du facteur humain

Les vidéos reprises par le site 83-629 sont l’occasion de comprendre qu’en bout de chaîne, c’est aussi le caractère humain du métier de la sécurité qui fait la différence. L’analyse en amont et la conception du dispositif sont des éléments nécessaires à une sécurité optimisée. Puis la mise en œuvre et les attitudes et comportements sur le terrain prennent le relais. C’est le moment de vérité pour le responsable sécurité et plus largement l’organisateur 

Ici, les personnels doivent faire face à des tensions importantes. Plus largement, ces femmes et des hommes en contact avec le public sont déterminants dans la perception qu’auront les clients ou visiteurs d’un site : tenue, vocabulaire, attitude, respect des procédures, connaissance du site et de l’événement, réactivité sont autant de facteurs à suivre

L’idée d’une « labellisation qualité » des prestataires et de leurs équipes (sûreté, médical, incendie) fait son chemin chez bon nombre d’organisateurs et gestionnaires de site. Elle renforcerait les standards attendus en termes de prestations sur le terrain et de relations prestataires/organisateurs.

Lien vers la vidéo

Sécurité des grands événements : une question clé devenue internationale !

Projet Stadia est le nom du groupe de travail coordonné par Interpol, l’organisation international travaillant à l’échelle planétaire. Il a été crée en 2012 et est essentiellement financé par le Qatar dans une logique de plan décennal avant la Coupe du Monde Fifa en 2022.

Ce groupe vise à augmenter les capacités des Etats, à renforcer leurs moyens juridiques et faciliter pour les organisateurs de grandes manifestations sportives internationales la conception et la mise en place de leur dispositif de sécurité. L’idée est l’identification des questions clés et le partage des bonnes pratiques. Interpol se veut également facilitateur de la formation et plus largement des partenariats. Bien entendu, cette réflexion collective sectorielle est complétée par le travail d’enquête ou d’actions menées par Interpol. Enfin, le groupe organise ponctuellement des conférences publiques. L’existence de Projet Stadia est révélatrice de la conscience d’un intérêt pour une approche de type intelligence collective. Le recueil complet et ordonné des bonnes pratiques, validé par des programmes d’observation et de débriefing se complète d’une plateforme collaborative où les experts peuvent échanger. Chaque pays, via son bureau central national (BCN) Interpol, alimente la base de données. Un exemple de démarche cohérente et utile.  

Session tenue à Lyon en novembre 2019

Vidéos issues de la conférence tenue en 2017 à Doha

1 mort, 1500 blessés… un miracle : le mouvement de foule, encore et toujours !

À l’heure où un mode à huis clos de déroulement des rencontres sportives se met en place partout dans le monde, les pouvoirs publics réfléchissent et s’inquiètent de l’apparition possible de regroupement sur la voie publique de supporters incontrôlés. L’expérience française des Fan zone en 2016 pour l’Euro UEFA a montré la nécessité de limiter les accès et d’éviter les regroupements « sauvages », hors de toutes structures pensées en amont. 

Les deux premiers liens reviennent sur une « fan zone » organisée à Turin à l’occasion de la Finale de la Ligue des Champions UEFA en juin 2017. A 10 minutes de la fin de la rencontre, un mouvement de foule est apparu suite à une tentative de vol dans la foule et à la pulvérisation d’un spray au poivre. Une des 1526 victimes décédera par la suite alors qu’une autre restera tétraplégique. Le bilan a été alourdi par l’effondrement d’une barrière de rampe d’escalier d’accès à un parking.

Le match retour du PSG contre Dortmund le mercredi 11 mars 2020, sous mesure huis clos (le confinement n’arrivera que le mardi 17) a montré la difficulté à éviter des regroupements sur la voie publique les soirs de matchs. La question qui se pose est double. 

La 1ère concerne la capacité des personnes à appliquer des comportements et consignes dans le feu de l’action et de la passion  si elles décident de se déplacer  

La seconde relève des pouvoirs publics : est-il préférable de jouer totalement à huis clos ou d’ouvrir les enceintes dans des configurations adaptées, mais penser en amont pour faciliter le suivi de grands principes. Une analyse logistique des sites et de leur signalétique complétée par une approche psychologique des spectateurs qui ne sont pas irresponsables ne serait-ce que par intérêt personnel doit permettre de mettre en place des solutions techniquement viables. Le port du masque est une de celle-ci.

Cette réflexion vaut pour le sport, mais aussi les spectacles vivants, les manifestations commerciales à l’image des mesures prises par les commerces de toutes tailles à la sortie du déconfinement ou les cinémas. 

De leur côté, les organisateurs proposeront des configurations « raisonnables »  assurant à la fois la sécurité de leurs personnels, des spectateurs et une ambiance générale permettant de vivre les émotions du spectacle proposé. 

Sources :

Les Hommes socle du système, la Prévention base de la démarche

Le Ministère du travail a publié une fiche métier de trois pages destinée aux personnels de la sécurité privée. La crise du Covid 19 oblige les acteurs du secteur à revenir à l’essence même de nos métiers. C’est bien les agents de terrain qui sont le socle de la chaîne de sécurité, à l’instar des caissières, éboueurs, agents d’entretien….   La sécurité bénéficie d’un socle fiable de personnels : agents de sécurité privée, agents de sécurité incendie, secouristes, infirmiers, médecins, coordinateurs…

L’attention porté aux agents se situe au delà de l’engouement de certaines directions sur les grands principes. Pour Cispé, l’essentiel est de créer une culture de la prévention. Cette culture doit se diffuser et se partager en cohérence avec la cartographie de risques et menaces. La démarche de la société Griphe se situe dans cette ligne : « l’opérateur de premier rang est plutôt une ressource qu’un comportement à contrôler ». Cette vision nous semble pouvoir utilement s’appliquer aux agents de sécurité. L’idée est aussi de privilégier les aspects positifs en les valorisant, plutôt que stigmatiser les comportements inappropriés. 

Ainsi, les formations Cispé s’inscrivent aussi dans une logique de sensibilisation des personnels. Dans tous les cas, il est utile que le personnel de sécurité évoluant sur le terrain dispose en fin de session de formation des bases  dans trois domaines :

1- capacité d’observation et de description, posture de veille active 

2- culture des grandes catastrophes et des incidents plus petits, de leurs causes et de la gestion de crise 

3- compréhension du rôle et de l’application scrupuleuse des consignes individuelles dans un cadre global de dispositif 

« Plus que la forme, c’est le fond de votre démarche qui prévaut » Jérôme Allaire.

Fiche métier du Ministère du travail

Blog proposé par la société de conseil Griphe : ici

Sécurité : une approche plurielle, par principe !

La période de crise sanitaire est un moment très intense en termes de production de documents autour des mesures à prendre, notamment dans la phase de reprise des activités.

Ainsi la société Adiens Care, groupe de protection sociale du monde de la culture a sollicité le Professeur Bricaire de l’Académie nationale de médecine pour rédiger un mémoire. Le document est intitulé « propositions d’un processus de réouverture des lieux de spectacles, du tournage  et de répétitions. » Le fichier de 32 pages est en format diaporama. F.Bricaire y synthétise les travaux d’un groupe de travail coordonné par l’entreprise Adiens et notamment les auditions réalisées, au nombre de 43 dans la version du 30 avril 2020.

« La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires » disait Clémenceau en 1887. En tant qu’infectiologue, Le Professeur Bricaire connait parfaitement les problématiques médicales. De ce point de vue, son éclairage est des plus précieux. Toutefois, le rapport proposé est par certains aspects lacunaires. Sur la dimension Hygiène et Sécurité des personnels, Scott Delhaise-Ramond de Moë-Kan souligne les difficultés, voir les impossibilités d’appliquer les règles proposées. En outre, le non-respect de principes généraux que l’Etat d’urgence sanitaire n’a pas suspendu est très présent dans le rapport : place du médecin du travail, secret médical, formation et transmission des consignes aux personnels et plus largement responsabilité de l’employeur par rapport à ses salariés (et nous ajoutons des prestataires pénétrant dans la salle de spectacle..).  

En outre, et le diable est dans les détails, le document est lacunaire sur le 2ème temps du travail : l’accueil des spectateurs que ce soit dans les ERP permanents ou les sites temporaires…

Une approche de la sécurité avec une vision large intégrant les aspects juridiques, logistiques, financiers et humains est un enjeu clé. Les professionnels de la sécurité en capacité d’assurer une approche « champs larges » des dispositifs sont peu nombreux. Ainsi les pouvoirs publics sont absents des personnes auditionnées par le groupe Bricaire et il est rarement fait référence aux textes de cadrage diffusés : qu’ils soient généraux ou spécifiques à des secteurs (comme ceux liés à la reprise des activités sportives par exemple. 

La  « transversalité des savoirs » est pourtant une condition indispensable à la recherche de solutions efficaces, viables et conformes à l’éco-système français. 

Le rapport du Pr. Bricaire au 30 Avril 2020

Retrouvez une chronique très intéressante de Scott Delhaise-Ramond