Diriger un festival en temps de Covid-19 : garder sa motivation et celle de ses équipes

La crise sanitaire aura généré des bouleversements dans les usages professionnels : chacun a (re)découvert des modes de fonctionnement nouveaux. Le contraste des situations à travers le temps, leur radicalité et l’instabilité des règles et des marchés ont emmené les hommes et les femmes de quasiment toute la planète dans des relations nouvelles à leur travail et plus largement à la vie.

Les conséquences du Covid-19 seront mieux identifiées et mesurées lorsque la situation sera -globalement- redevenue plus « normale » par rapport à l’Avant… Un très pertinent article du site « tous les festivals » relate (dans une série de quatre) les témoignages de dirigeants dans le domaine culturel des festivals. Ce secteur, au coeur de l’évènementiel a été particulièrement touché par la crise. Et le sera encore longtemps.

Entre aides publiques maintenues et soutien possible d’actionnaires puissants -le groupe Vivendi dans un cas décrit- le management de ces structures se trouve parfois face à une année quasiment blanche. L’annulation (parfois tardive) ou le déroulement dans un mode très dégradé laissent les acteurs frustrés. La durée de la crise et les incertitudes pèsent sur les attitudes. Au delà des difficultés financières, l’inactivité des salariés ou leur baisse de temps de travail constituent de potentiels facteurs de décrochages professionnels. Les mois passent et l’objet même de l’action, l’Evenement, ne vient pas ponctuer par sa production les efforts consentis et le savoir-faire déployé.

Dans le secteur de la sécurité, le constat est le même. Les dirigeants maintiennent tant que faire se peut une activité suffisante. La crise peut ainsi être l’occasion d’une remise à plat des procédures et plus largement du dossier de sécurité des sites et des évènements. C’est évidemment du travail de back-office que la confrontation au terrain « en vrai » ne vient pas compléter. Ce sera pour (un peu) plus tard. Et tout sera prêt ! 

Article du site « Tous les festivals »

COVID 19 : l’importance de la ventilation

Une étude a été publiée par le journal espagnol El País sur la base des travaux de l’Université du Colorado expliquant les différents modes de transmission de la COVID 19.

Trois modes de contamination sont reconnus par les autorités sanitaires :

  • Projection de gouttelettes lors de la parole ou de la toux
  • Dispersion de particules aérosols expirées naturellement
  • Contact avec des surfaces contaminées (risque faible selon le centre européen de prévention de contrôle des maladies)

La prévention de la contamination par gouttelettes a fait l’objet d’une vaste campagne par l’intermédiaire de la généralisation du port du masque dans les espaces clos. Toutefois la prise en compte des particules aérosols comme voie de contamination n’a été signalée que dans un deuxième temps par les CDC (Center for Disease Control) et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). L’Etat de Washington a ainsi été le théâtre d’un cluster qui fait office de référence sur ce mode de contamination. 61 choristes se sont rassemblés dans le respect de la distanciation physique mais sans masque pour chanter dans un lieu non ventilé. L’un d’entre eux, COVID positif, en a contaminé 53 autres en 2h30 dont certains à 14m de distance.

Cette étude soulève pour les établissements recevant du public l’importance de la ventilation en période COVID, qu’il s’agisse d’une VMC avec apport d’air extérieur ou d’un balayage naturel par l’ouverture des fenêtres. Cette variable jugée fondamentale en Allemagne dans les écoles et lycées n’a à ce jour pas été totalement intégrée dans dispositifs proposés par les organisateurs de manifestations.

Retrouvez l’article d’El Pais ici

Retrouvez les recommandations du Ministère de la Santé en matière de ventilation ici

Limitation de la sous-traitance à hauteur de 50% pour les marchés de sécurité privée : quand le législateur souhaite réguler une pratique devenue courante

Un amendement a été adopté dans le cadre de la loi sur la sécurité globale imposant à un prestataire de sécurité privée de ne pas sous-traiter plus de 50% de la prestation qui lui a été confiée.

Cette obligation permettra d’éviter la sous-traitance en cascade qui conduit parfois à des pratiques frauduleuses du fait de la réduction des marges pour chacun des intervenants. La course au moins disant a ainsi abouti dans un certain nombre d’appel d’offres à l’attribution de marchés à des entreprises titulaires de l’agrément mais n’ayant aucun salarié. De facto, ces enveloppes vides pratiquant des prix bas sous traitent à des prestataires dans des conditions économiques difficilement tenables. Ce schéma amène le sous-traitant à minimiser les coûts soit en ne déclarant pas ses personnels, soit en ne déployant pas la totalité de l’effectif contractuel.

Pour une réponse qualitative à une commande d’ampleur, notamment dans l’évènementiel, CISPE préconise d’allotir les marchés afin de répartir la charge de la commande sur divers prestataires. La fourniture d’un trop grand nombre d’agents de sécurité privée par une même société à un instant T conduit bien souvent le titulaire à sous-traiter ou à un recrutement temporaire massif et donc moins rigoureux.

JO 2024 : suite au COVID, la sécurité évènementielle aura-t-elle retrouvée ses effectifs ?

Dans un article du 25 Novembre 2020, les Echos se fait le porte-parole des sociétés de sécurité évènementielles qui craignent de ne pas retrouver une partie de leurs effectifs une fois la crise passée.

La Coupe du Monde de Rugby 2023 et les Jeux Olympiques de 2024 arrivent à grands pas, or l’année 2020 est marquée par une crise du secteur évènementiel impactant également le marché de la sécurité privée. « Certaines sociétés ont perdu jusqu’à 95% de leur chiffre d’affaires» indique Mustapha Abba Sany, Président de l’OPSE (Organisation des Professionnels de la Sécurité Evènementielle). De fait les agents et le middle management se sont tournés vers d’autres activités afin de survivre à cette crise . Ce glissement en principe temporaire des personnels pourrait conduire à ne pas les retrouver en sortie de crise ou dans des disponibilités réduites.

Face à un besoin estimé pour ces grands évènements à venir de l’ordre de 30 000 agents. La profession s’interroge sur sa capacité à répondre à la demande. De plus les évènements récurrents de moindre importance ne cesseront pas et nécessiterons eux aussi la mise en place de dispositifs lourds.

L’année 2021 s’annonçant d’ores et déjà en mode dégradée par rapport à la programmation de manifestations prévues lors du premier semestre. Si la reprise tardait à se profiler, la reconstitution du vivier de personnels nécessaires pour faire face serait retardée : la France sera-t-elle prête en 2023 ?

Retrouvez l’article des Echos ici

Dégradations en série au musée de Berlin

Début octobre, près de 70 œuvres de la Alte National Galerie et de 4 autres musées de Berlin ont été dégradées par une substance huileuse. Ces actes découverts à la fermeture du musée ont laissé des taches sur des peintures, statue et un sarcophage. L’identité des auteurs est pour l’heure inconnue mais les soupçons se portent sur un groupe conspirationniste qui lutte contre les mesures restrictives de liberté liées au COVID 19.

Cette attaque pose la question de la sécurité des lieux d’exposition. Elle repose avant tout sur la complémentarité de moyens humains et technologiques. La mise en place d’éléments techniques de pointe ne saurait dispenser de la vigilance et de l’intervention humaine en cas d’incident.

Le Ministère de la Culture et de la Communication met à la disposition des propriétaires publics et privés, un guide dédié à la sécurité des biens culturels.

Retrouvez le guide ici

L’évènementiel dans une position critique, penser l’après crise

La crise sanitaire laissera des traces. Elles différeront sensiblement en fonction des secteurs. L’activité évènementielle, commerciale, festive, sportive ou culturelle vit depuis la fin février une situation inédite.

Il est difficile de prévoir les modifications que le Covid-19 entrainera durablement dans les modes de consommations et les comportements de chacun d’entre nous.

La situation est des plus difficiles pour certains acteurs, brutalement privés de toute leur activité. Comme l’indique l’article de l’excellente lettre de la Banque des Territoires, les manifestations commerciales notamment ont beaucoup souffert, et souffrent encore de la crise. Et si certaines activités avaient repris avant le deuxième confinement, elles se déroulaient dans un mode parfois très dégradé sans évoquer un état d’esprit des clients / visiteurs très prudents par rapport à l’évolution de la situation. Ainsi, bon nombre de clubs sportifs qui en septembre avaient pu rouvrir leur porte ont vu le nombre de leurs adhérents chuter sensiblement. Les effets sur les activités annexes sont aussi conséquents : le tourisme pendulaire de week end est très réduit sans parler de la clientèle internationale. Quant aux foires et salons, là encore l’activité est très diminuée.

1/ Remise à plat des process sécurité dans une logique d’optimisation des coûts

Cette « pause » subie de l’activité peut toutefois être l’occasion d’une réflexion de toute la sécurité -et pas seulement la partie sanitaire des dispositifs- des manifestations et des sites. La mise en place d’un plan de sécurité intérieur global, intégrant tous les aspects est le moyen de faire un diagnostic, parfois de remettre de l’ordre et souvent de rationaliser les systèmes mis en place et qui ont parfois viellis..

2/ Veille technologique dans la perspective d’une reprise d’activité prochaine

Un deuxième aspect est celui de l’innovation. La crise est l’opportunité de (re)penser la fonction sécurité des manifestations et des sites. Les évolutions technologiques et le changement des demandes sociales et politiques contribuent à faire émerger des solutions nouvelles, refondant la doctrine globale de travail. Ce faisant, la construction de solutions novatrices, sollicitant parfois moins de personnels et plus d’agilité, sont possibles. La phase suivante implique alors d’être force de proposition auprès des pouvoirs publics pour faire comprendre la démarche puis la faire valider dans la durée par l’Autorité publique.

Lien vers l’article de Localtis, media de la Banque des Territoires

Annulation des événements, les deux effets de l’inactivité !

L’article du Figaro paru au cœur de l’été, survole la question des conséquences économiques directes et indirectes des annulations quasi générales des festivals en France.

Si quelques uns ont pu se dérouler en mode dégradé, presque tous ont simplement disparu du calendrier. Beaucoup d’évènements sportifs ou commerciaux ont également été annulés.

Pour la fonction sécurité, les conséquences sont multiples notamment pour les professionnels du secteur :

1/ Une perte directe de ressources pour les prestataires qui voient leur chiffre d’affaires s’effondrer. C’est vrai aussi bien pour la sureté, le médical et l’incendie. Financièrement, certains salariés du secteur de l’évènementiel complètent leurs revenus par des sessions ponctuelles dans le sport, la culture ou les manifestations commerciales. Pour eux, la perte est quasiment sèche. Pour les personnels sous contrat à temps plein, la conséquence économique est atténuée par les mesures de chômage partiel qui pour les salaires les plus faibles couvrent toutes la rémunération fixe et 84% pour les salariés mieux rémunérés. Pour les agents (ADS, SSIAP ou secouriste), cette inactivité forcée constitue parfois un manque à gagner important. 

2/ Au-delà de cet effet, ne plus assurer de mission sur le terrain tend à démobiliser les équipes aussi sur le terrain que dans les PCO. Pour beaucoup, l’action lors des évènements est un élément qui structure la vie professionnelle. Comme pour d’autres fonctions de la firme, les collaborateurs en sortie de confinement ou même de télétravail important peinent à reprendre le rythme, perdu depuis très longtemps. Si pour les cadres, la période peut être l’occasion de remettre à plat les procédures -par exemple un plan de sécurité intérieur- elle est aussi pour eux une période qui dure de non activité opérationnelle qui peut finir par peser sur le mental. Un facteur à prendre en compte pour les responsables de structure.

Lien vers l’article du Figaro

La sécurité évènementielle entre procédure générale et spécificités de chaque manifestation

Pendant l’été, la dérogation de jauge accordée au Puy-Du-Fou (12 000 le 26 juillet puis 9 000) a fait couler beaucoup d’encre et suscité moultes réactions. La chronique du site « L’Evenement.com » soulève une question récurrente : celle de l’adaptation de règles générales à des cas par essence spécifiques. Cette dérogation, issue d’un plan de sécurité sanitaire pragmatique et adapté, preuve du professionnalisme de l’organisateur a fait davantage de jaloux que d’admirateurs.

Dans le domaine de l’organisation de manifestations, chaque cas présente des caractéristiques propres susceptibles de générer des réponses adaptées et pertinentes. Le site et sa configuration, les publics attendus par leur attitude et leurs flux, les activités proposées sont autant de variables à analyser.

Si la réglementation est générale et recouvre une grande partie des cas en définissant des normes -très présentes en incendie et secours à personne, moins nettement cadrées en sureté-, dans le cas des évènements, chaque situation présente des caractéristiques particulières qui rendent l’application d’une règle unique et universelle difficile. 

La difficulté pour l’organisateur est de présenter un dossier intégrant des arguments forts permettant à l’Autorité Publique de valider un dispositif dérogatoire à une règle générale, ici celle de la jauge maximale. 

On notera également que outre la force de conviction qu’apporte le dossier lui-même, le décideur public est soumis à des pressions extérieures d’autres acteurs, souvent dans des vecteurs médiatiques puissants. Dans le cas des « 5000 maxi », alors qu’un embryon de doctrine assez flexible et adaptée à chaque cas semblait se dessiner (Puy-Du-Fou puis Roland Garros par exemple), les Préfectures se sont finalement rétractées, replaçant les manifestations dans le cas général. Le décideur public en alignant sa position sur une ligne unique s’est privé d’une prise en compte du caractère souvent quasi unique de l’évènement. C’est dommage…

Lien vers la chronique du site L’Evenement.com

La sécurité, c’est aussi celle des personnels et des prestataires !

L’interview dont le lien figure en fin de chronique a été réalisée par Milipol en juillet dernier. Madame Agathe Lang, directrice adjointe en charge des sites et des opérations pour la société VIPARIS y décrit la mise en place de mesures de sécurité sanitaire nouvelles face à la crise du Covid-19. VIPARIS est un des principaux opérateurs d’évènements commerciaux européen et gère 9 sites en régions parisienne.

Parmi les mesures présentées, on notera notamment un protocole de labelisation des conditions d’accueil conçu en collaboration avec le bureau Veritas. L’idée est de certifier les dispositifs de manière très formalisée. La même démarche a été utilisée par d’autres secteurs ou sociétés dans l’hôtellerie ou la restauration par exemple.

Outre les mesures proprement dites, Madame Lang souligne une dimension parfois négligée par les gestionnaires de site : l’importance des engagements avec les personnels, les prestataires et dans le cas de VIPARIS des organisateurs de manifestation. 

La chaîne de valeur de la sécurité sanitaire est dans ce cas essentielle :

– les membres de l’organisation doivent être sensibilisés,

– les prestataires de l’organisateur doivent intégrer les mesures sanitaires au sein de leur organisation,

– le service de sécurité doit pouvoir faire respecter les règles sanitaires mais également se les approprier,

– les exposants doivent être responsables du bon fonctionnement sanitaire de leur stand et de leurs salariés.

Ainsi au delà des seuls visiteurs des foires et salons, qu’ils soient professionnels ou grand public, VIPARIS est particulièrement attentif à la sécurité de toutes les parties prenantes et rappelle un principe simple : avant d’ouvrir un évènement au public, il doit être accessible en amont aux membres de l’organisation ! 

Interview d’Agathe Lang

L’importance de rendre son site hermétique et de disposer d’un poste de commandement opérationnel solide !

Les gestionnaires de sites accueillant du public q u’ils soient permanents ou temporaires, sont confrontés à des problématiques de sécurité multiples et variées. La hiérarchie des points clés, différents en fonction des situations, mais aussi de la sensibilité des responsables à certains aspects plus qu’à d’autres.


Pour Cispé, le premier focus à réaliser est celui de l’herméticité du site, c’est le facteur clé de succès n°1.  Ce n’est pas toujours simple lorsque la situation topographique et la configuration des lieux rendent cette condition très difficile à réaliser. Chaque situation est spécifique et doit être analysée avec recul. En outre, nous sommes régulièrement confrontées à des configurations sur des établissements récents dont visiblement les concepteurs n’ont pas intégré ce paramètre de la sécurité à leur réflexion. 

En pratique, il existe aujourd’hui des solutions matériels efficaces que les nouvelles technologies rendent accessibles et fiables pour un coût modéré. Parmi les grands principes qui nous guident sur la question figurent les deux suivants :


Tous les systèmes (et personnels) déployés ne trouvent leur pleine efficacité que par une attention majeure données à la collecte et au traitement de l’information. La construction de l’herméticité d’un site ou d’un événement ne peut se concevoir qu’en présence d’un poste de commandement pensé dans cette logique. 
– Le PCO doit être pensé dans une doctrine d’agilité et de ce fait se révéler le plus simple possible en termes de structures et le plus compétent en termes de personnels, sans surcharge. 


Cette logique de système de suivie vidéo ou technologique sur le terrain et de Qualité du PCO est celle qui prévaut dans les systèmes de coordination proposés par Cispé par exemple sur les sites de Viparis.

Exemples de protections périmétriques proposée par le site Infoprotection