Direction sécurité des entreprises : une montée en puissance

Le club des directeurs de la sécurité en entreprise (CDSE) envisage sa fonction fédératrice en proposant régulièrement des études sur la filière Sécurité-Sureté en entreprise. Dans une vidéo récente, le CDSE propose une synthèse des grandes tendances qu’il identifie pour le secteur. La démarche est particulièrement bien venue tant les acteurs d’une activité oublient souvent la dimension stratégique de leur métier et les évolutions de longs termes, focalisés -comme nous tous- sur le quotidien et sa pression permanente.

En observant avec recul le métier de « Sécurité-Sureté Corporate (SSC) », le CDSE propose les grandes lignes et tendances qu’il identifié comme significative de la filière. Le passage d’une logique très centrée sur la Sécurité envisagée dans ses aspects techniques vers une direction envisagée comme un « véritable Business Partner », constitue une tendance avérée. Ce glissement trouve ses causes dans la croissance des enjeux autour de la sécurité et de la sureté. Ce faisant, cette fonction pénètre aujourd’hui les directions des firmes qui ont vu apparaitre au fils du temps de plus en plus d’aspects liés à la SSC. Dès lors, logiquement cette fonction devient stratégique. Et dans presque 3/3 des cas, se trouve rattachée à la direction générale. Ce premier volet est issu d’un questionnaire mené auprès de 187 répondants complété par 30 entretiens. La 2ème phase du travail se penche sur les cadres assurant la fonction de sécurité à travers un sondage et des interviews.

La complexité croissante de la fonction amène le CDSE a proposer une approche de la sécurité globale des firmes. 

Le modèle déployé propose trois niveaux de lecture (+ 1 autour des opérations)

On notera dans le volet expertise-conseil- déploiement l’existence d’un item « sécurité des évènements » qui constitue ainsi un domaine propre nécessitant une attention particulière.

La vision proposée qui privilégie la fonction sécurité dans une approche globale et une fonction clé des organisations semble très pertinente. Le constat est patent depuis les année 2010 d’une croissance constante des questions de sécurité dans le fonctionnement des firmes tant cette dimension transparait et « diffuse » dans toutes les autres : marketing, production, RH et bien entend finances. Les parcours-type présentés dans l’étude (p16 et suiv.) montrent d’ailleurs la porosité entre les SSC et d’autres fonctions des firmes  (contrôle interne, audit, gestion des risques).

Lien vers la fiche méthodologique et le rapport

Lien vers la vidéo de synthèse

La performance en sécurité : identifier les indicateurs clés de performance (KPI) du dispositif !

La crise sanitaire est l’occasion d’un déferlement d’informations, de points de vue et de préconisations diverses, sans parler des oiseaux de mauvaise augure qui prédisent tout et son contraire généralement apocalyptique. Il est important de profiter de cet arrêt obligatoire pour réfléchir sur ce qui fait les facteurs clés de succès de la sécurisation de votre évènement. Trop souvent, le succès de la sécurisation d’un évènement tient au fait qu’il ne se passe aucun acte de malveillance ou d’incident majeur.

Notre difficulté à comprendre l’évolution de la situation tient à la représentation que nous construisons de notre environnement et de son agencement. Dans une chronique sur Linkedin, O.Sibony enseignant et management (stratégie) et écrivain, propose sa vision de la crise et envisage un indicateur plus pertinent -selon lui- de l’évolution de la situation. 

Au delà de la question elle-même, l’intérêt de l’article tient à la démarche de l’auteur : il s’agit de modéliser la situation en extrayant les éléments jugés clés

Dans un second temps, on agence les pièces dans une forme qui malgré la perte de définition qu’entraine tout modèle permet de suivre le phénomène. 

Cette représentation simplifiée, qui fait émerger les Indicateurs Clés de Performance (KPi en anglais), n’est pas nouvelle. Elle est en fait omniprésente. Comprendre ce qui est important et déterminant et se focaliser sur ces aspects. La perte de définition est compensée par une lisibilité accrue. 

Dans les faits, l’être humain fonctionne de manière quasi permanente sur ce type de démarche… de manière plus ou moins consciente et rationnelle quant à l’identification des Kpi.

Chronique de Olivier Sibony

L’outil clé de la modélisation : l’exemple de la ventilation de la Philharmonie

La crise sanitaire est l’occasion de mettre en oeuvre des outils de meilleure compréhension. L’interruption de l’activité et la nécessité de mieux comprendre certains phénomènes amènent des gestionnaires de site ou des organisateurs à mettre à plat les procédures de sécurisation des enceintes. 

La salle de la Philhamornie à Paris (jauge à 2400 places) a ainsi lancé une étude avec la société Dassault Systèmes sur la circulation de l’air, et donc potentiellement du virus, dans l’amphithéâtre. 

La forme vidéo des résultats obtenus constitue un bon exemple de l’apport que peut constituer ce type de démarche. Et de son utilité ! En « voyant » la circulation de l’air dans la salle, le responsable sera plus en capacité d’adapter ses fonctionnements futurs aux nécessités.

De la même manière, les ingénieurs peuvent modéliser l’évacuation d’un site de spectacle ou d’un stade et mesurer le temps nécessaire, la sensibilité du délai à certaines variables (le système est paramétrable) et les effets d’éventuels changements de configuration des lieux. En ce sens, ces modélisations sont des outils utiles pour le management des structures.

On ajoutera que la diffusion de ces études vers le public (et les pouvoirs publics) constitue un outil de communication signalant les organisateurs comme étant très attentifs à la sécurité et au bien être de leurs spectateurs. Ce point constitue un aspect non négligeable, au-delà des apports directs en termes de compréhension.

A voir également : les ingénieurs de Dassault ont complété l’approche par une petite vidéo présentant la diffusion d’air liée à une quinte de toux en place assise dans une salle de spectacle, sans masque, avec un masque « lâche » dans son positionnement et enfin avec un masque bien porté.

Etude proposée par la Philharmonie

Article de l’Usine Nouvelle

Crédit photo : Dassault Systèmes