La fonction sécurité en entreprise : une exemple à suivre pour l’événementiel

À partir d’une étude réalisée sur 187 de ses membres, le Club des directeurs de sécurité & de sûreté des entreprises CDSE propose une cartographie des métiers de la sécurité en entreprise et une analyse de la place de la fonction sécurité dans les entreprises.Le constat majeur de ce document est l’évolution du rôle des responsables sécurité : d’une logique de protection à l’origine, on a glissé vers un rôle d’expertise conseil face à l’intensification des risques et menaces. Pour le CDSE, la troisième phase est que la fonction sécurité devienne un « partenaire business » et accompagne la stratégie globale de l’Entreprise. Ainsi, la sécurité se trouverait intégrée dans les firmes, comme beaucoup d’autres fonctions de « technostructure » et de support logistique selon la typologie proposée par Mintzberg.

En proposant 5 modèles organisationnels types de directions Sureté-Sécurité-Corporate, le CDSE modélise la fonction et sa place dans les firmes. Un ensemble de fiches métiers complète le document et propose une photographie utile du secteur.

Un travail de ce type autour des organisateurs d’événements, ou de gestionnaire de sites serait des plus utiles. Il en découlerait une véritable doctrine de formation, de recrutement, d’organisation interne, de pilotage et de gestion des prestataires.

Lien vers le site du CDSE

Le recul, une variable souvent manquante !

Interview de Alain Bauer, professeur de criminologie du Conservatoire National des Arts et métiers (CNAM)

La vidéo-support de ce billet, extraite du site Xerfi, est proposée par Alain Bauer, Professeur de criminologie. Ce spécialiste de sécurité publique effectue dans le cas présent une analyse des question de maintien de l’ordre sur la voie publique.

Au delà de l’intérêt sur la question elle-même, le point d’entrée de cet expert est celui d’un recul temporel marqué et voulu.

Comme le souligne le Professeur Bauer, le problème de la « rétractation du temps et de l’espace » nous fait perdre le « sens de l’Histoire et de la Perspective »

Dans le cas de la sécurité des événements, l’observation sur un horizon plus lointain des pratiques permet de mieux comprendre les évolutions. Le drame du Heysel, puis celui de Furiani ont marqué le secteur. Et la loi de 1995 a pointé l’émergence d’une doctrine Par la suite, le 11 septembre et les catastrophes liées aux grandes foules (La Mecque, Duisbourg)  ont scandé les années 2000. La vague d’attentats terroristes en Europe a également impacté la doctrine,  la réglementation et les pratiques de sécurité sur les événements et plus largement les lieux publics. Comme le mentionne Alain Bauer (ici dans le cas du maintien de l’ordre), regarder le passé sur une échelle temporelle longue contribue à mieux analyser  les changements et leur causes.  Ce faisant, la démarche permet d’adapter ses propres pratiques.

A méditer. 

Sécurité et technologies : un duo sous contrôle

Article paru dans The Guardian

Les caméras dite piétons (body Cams) ont vu leur coût décroître ainsi que leur qualité s’améliorer. Leur usage s’est largement ouvert aussi bien pour les particuliers que les forces de l’ordre.

Dans le cas présent, un club italien souhaite en équiper ses agents de sécurité et d’accueil (stewards) afin d’aider à identifier (entre autres) les auteurs de propos racistes parmi la foule des spectateurs. Ces systèmes vidéo « rapprochés » venant compléter ceux des enceintes.

La méthode soulève deux questions majeures :
La première est celle de la mise en œuvre de la camera : permanente, ponctuelle ? Déclenchée par l’agent à son initiative ou sur ordre ? Avec quelle information des spectateurs ? Et quelles qualifications de l’agent ?
La deuxième question est celle du stockage des données récoltées et leur usage par la suite : qui constate quoi et le cas échéant sanctionne ?

Ces interrogations très pratiques sont celles qui ont prévalu lors de la mise en place de la vidéo-surveillance et de la vidéo protection. Qu’il s’agisse de l’espace public ou du domaine privé, la captation d’images s’inscrit dans un cadre législatif et réglementaire précis et évolutif. Leur utilisation dans le cadre de procédure privée, civile ou pénale est elle aussi encadrée. Et tout ceci en gardant à l’esprit le maintien pour chaque citoyen de grands principes en termes de liberté individuelle.

Innovation et sécurité – La sécurité privée pourra elle devenir prédictive ?

Article paru sur « Rendre notre monde plus sûr »

La société spécialisée en prestation de sécurité privée Goron propose un billet autour de la prédiction d’actes malveillants ou des incidents. Il s’agit d’une nouvelle question abordée sous l’œil de l’Intelligence Artificielle, domaine en pleine croissance. Son application (ici à la sécurité publique) est envisagée à travers d’éléments statistiques alimentant un système d’IA qui apprend par la répétition des cas ex post. Ainsi, les menaces peuvent être plus clairement identifiées.

Au-delà, la question peut aussi se décliner autour des phénomènes non intentionnels via une base de données permettant d’identifier les paramètres ayant abouti à des dispositifs défaillants compte tenu du diagnostic « risques » réalisé ex-ante : risques sous évalués et/ou dispositif mal dimensionné.

La sécurité fluide

Article paru en Octobre 2019 dans global security mag

Après sa thèse en Economie soutenue à Paris 1 Sorbonne en 2002, Olivier Hassid poursuit sa réflexion en proposant un nouveau concept, une quasi doctrine (au sens d’un cadre de réflexion général dans lequel on agit). 

En constatant que le « modèle de la forteresse » est supplanté au profit d’une approche fluide de la sécurité, O.Hassid réfléchi à l’usage des nouvelles technologies dans la sécurité.

Cette question est loin d’être circonscrite à la fonction  sécurité. Elle relève d’un domaine de recherche en pleine explosion : l’intelligence artificielle 

Outre les questions de définitions des besoins et de mise en œuvre des algorithmes, l’IA soulève des questions éthiques mais aussi de RH pour les acteurs : quels agents, avec quelles compétences ? Quelles frontières entre l’action de l’homme et les outils d’aides à la décision ? 

Ce faisant, le fait de ne pas oublier le point de vue de l’usager et sa perception sur ces questions est une obligation permanente. De ce point de vue, l’acceptation par le citoyen de systèmes (biométriques et autres) de plus en plus efficaces dans leurs croisements (comme dans la sécurité aéroportuaire) reste une question en tension, notamment en France. D’autres pays (et donc cultures) ont basculé depuis fort longtemps vers un quasi tout numérique pour le fichage de leur population.